Dr Gilles Julien, pionnier de la pédiatrie, le visage émouvant d'un homme heureux

2 décembre 2008
Actualité, Famille, Santé

La Guignolée du Dr Gilles Julien

Pionnier de la pédiatrie sociale, il a créé autour des enfants  un èvènement qui assure, défend leurs droits et les protège.

Sa guignolée annuelle a lieu le 13 décembre de 9 h à 17 h, à l’angle des rues Aylwin et Adam, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal.

Un moment de bonheur parfait pour lui.« Quand la complicité et l’entraide s’installent dans la communauté. Malgré le travail qu’il reste à faire, je vis de tels moments tous les jours. Quand je suis en vacances, j’ai. hâte de revenir.»

L’an dernier, justement, en vacances, il a visité … des bidonvilles. « Ma femme m’a fait jurer de ne plus faire ça. Cest vrai qu’il faut parfois que je décroche. Mais pas longtemps! Je ne tiens plus en place sans mon monde.»

Dr Gilles Julien vit pourtant des moments difficiles et dit toujours qu’il heureux.

« Ces temps-ci, dans Côte-des-Neiges, presque chaque jour, j’annonce à une maman que son enfant est autiste. Je vois entrer l’enfant dans mon bureau, et je sais. Là, je me demande comment je vais arriver à dire une chose aussi terrible. Alors, je fais voir les meilleures facettes du caractère de l’enfant, l’amour unique qui l’unit à ses parents. Pendant que je fais ce travail-là, partir de la détresse et élaborer un plan d’action, je vis du bonheur.»

Qu’est-ce qui le tue?
«L’inaction et la bêtise. Quand j’entends des intervenants invoquer de mauvaises raisons pour justifier que deux petites soeurs ne se voient plus, alors qu’elles vivent, sans le savoir, à 15 minutes l’une de l’autre, qu’elles sont coupées de leur famille et qu’elles s’ennuient l’une de l’autre, je rugis!»
 
Une qualité qui lui sauve la vie?
«Ma résilience. Sinon, l’aventure serait impossible. Une chose que le public ne sait pas de votre quotidien? On rit beaucoup! C’est assez étonnant, mais en plein drame, même si je n’ai aucun talent comique, je fais tous les efforts pour voir les larmes se transformer en rires ou en sourires autour de la table.»

Comment se traduit un succès à ses yeux? «Quand mes «grands reviennent avec un bébé et qu’ils me disent que je les ai aidés, qu’ils aimeraient que je fasse le suivi auprès de leur enfant, j’appelle ça un succès.»

Après 20 ans de pédiatrie sociale, y a-t-il des choses qui le surprend encore?
«J’ai l’impression d’avoir été seul, et soudain, je suis entouré. Par une équipe formidable, d’abord, puis par des fondations qui émergent de partout, avec de l’aide et des prix! Des dirigeants, des gens de haut prestige, des détenteurs de pouvoir et d’argent qui veulent faire quelque chose. Le public, la communauté, de plus en plus de gens sont mobilisés. Ça m’a pris 20 ans! Je le dis et ça m’émeut! Je ne suis plus seul à m’intéresser au sort des enfants du Québec.»

Sa fierté? «Depuis cette année, le stage en pédiatrie sociale est obligatoire pour tout étudiant québécois en médecine. C’est une avancée extraordinaire.»

Des projets, Il en a plein! un qui lui tient plus à coeur
«On développe actuellement le projet Garage. Près du marché Maisonneuve, le Garage sera ouvert 24 heures par jour, 7 jours par semaine, et sera rempli d’instruments de musique. On ne demande rien aux jeunes, sauf du respect. Pas de thérapie, que de la musique. Les jeunes en ont besoin. On veut que des musiciens connus visitent régulièrement le Garage. On veut bâtir un réseau organisé, avec un porte-parole qui chante sur les scènes du monde entier. Plusieurs personnalités ont montré un intérêt, dont Luc Plamondon. Le projet est écrit. La Ville de Montréal a donné son accord. On cherche 2 millions. On va les trouver.»
 
Comment était-il enfant? «Discret, timide et passionné. Comme aujourd’hui. Vous dites souvent que la pauvreté de l’Occident vous semble plus difficile à supporter que celle d’Afrique ou des bidonvilles d’Amérique du
Sud. Il pense également que la pauvreté d’Hochelaga est différente de celle de Côte-des-Neiges. Dans Côte-des-Neiges, les communautés d’immigrants sont encore très mobilisées. Par conséquent, le bien-être des enfants demeure une priorité. Dans Hochelaga, les communautés se sentent écrasées, et ont souvent perdu le plus important: leur fierté. En cela, elles sont sérieusement affaiblies. Dans nos cultures occidentales, très souvent, l’enfant dérange et se fait tasser. Or, la pire chose qu’on puisse faire à un enfant, c’est le laisser à lui-même.»

Un remède? Réunir les familles. Préserver les liens.

Ce qu’il retient de plus précieux de ses parents «Leur courage, sans contredit. Leur vie n’a pas été facile.»
 
Une citation souvent énoncée «On naît tous avec le même potentiel, alors, tous les enfants ont le droit d’entrer dans la vie avec les mêmes outils.»

La plus belle découverte à propos de vieillir pour lui «J’ai plus de contrôle sans perdre une miette de passion. Au contraire, la passion se décuple avec le temps. C’est peut-être l’urgence qui crée cet état.
 
Un reproche à la DPJ «Leurs gens ne jugent pas des situations en fonction du potentiel des parents, mais bien de leur histoire passée. On se retrouve avec des situations où une femme va accoucher et où la DPJ attend le
bébé à l’hôpital pour le placer en foyer d’accueil! La mère essaie de montrer qu’elle s’est réhabilitée, mais elle est souvent démunie, sans outils, elle a peur, elle est frustrée. La loi de la DPJ ne respecte pas du tout l’essence de notre système légal, qui stipule que toute personne est présumée innocente. Avec la DPJ, on est souvent présumé coupable et on doit prouver notre innocence!»

Selon Dr Gilles, «il essentiel de transmettre aux enfants qu’il importe d’aider chaque individu à atteindre son plein potentiel de développement. Ça veut dire, concrètement, l’encourager à identifier ses passions, l’amener à connaître sa valeur et l’orienter afin qu’il pose les gestes qui vont le rendre heureux.»

Que lui inspire le vedettariat? son sentiment est très paradoxal. «Je n’aime pas être mis en valeur, mais la force des médias est indéniable. Devenir connu m’a permis d’aider la cause des enfants. Je vois cela comme un outil très, très utile de dire le Doc»

Une chose qui lui permet de décrocher c’est le cinéma «Si j’avais le temps, j’aimerais écouter deux films par soir. Quand on me raconte une histoire, j’embarque complètement, je ne pense à rien d’autre. Je me laisse prendre par le récit, j’en sors bouleversé. Mais ne me demandez pas le nom d’un comédien … sauf celui de ma fille, la comédienne Rosalie Julien!»
 
Que lui reste-t-il d’essentiel à accomplir? «Implanter un système de pédiatrie sociale dans toutes les communautés du Québec, du Canada et du monde! Mais je ne veux pas des McDonald! Je souhaite des modèles
adaptés à chaque communauté, dont la constante demeure le respect des droits des enfants et l’offre de services complets, intégrés et, surtout, à échelle humaine. Il faut que chaque famille puisse aller à pied à son Centre. Quand ce sera en place partout, je pourrai m’en aller en paix.»
(réf:Magazine Coup de Pouce de décembre)

Infos: www.guignoleedrjulien.org.

Le saumon méditénarien du Dr Gilles Julien
Pour 4 personnes
Épices et fines herbes au goût
4 dardes de saumon
C’est du saumon qu’on fait cuire au four avec des légumes. Tu fais une sauce à l’huile d’olive avec du cumin et du curry . On peut aussi ajouter d’autres épices: du poivre, des fines et de l’ail. Tu mets le saumon à mariner là-dedans la veille, et le lendemain, tu le cuis au four avec des poivrons de toutes les couleurs tu sers avec du riz et, avec de la bonne compagnie, tout le monde est content

Une réflexion au sujet de « Dr Gilles Julien, pionnier de la pédiatrie, le visage émouvant d'un homme heureux »

  1. Bonjour,
    J'espère que je m'adresse au Dr Gilles Julien car c'est un peu complexe mon histoire;  Je vous explique, mais un peu mêlé car j'ai écrit le nom de Gilles Julien par hasard sur un papier, un soir que je buvais (rechute) en regardant une émission à la télé mais sans probablement la regarder, j'ai des black-out quelque fois et merde souvent.  J'espère que vous pouvez m'aider ou éclaicir le pourquoi dont j'ai pris en note vote nom.  Je suis alcoolique, présentement en combat depuis ma sortie d'une thérapie de 30 semaines à Mélaric. Mais je sais qu'il me manque un petit bout pour pouvoir réussir, mais quoi, oui le quoi je le connais, mais le comment non!!!!
    En espérant avoir une réponse à ce message et est-ce la bonne personne à qui s'adresse ce message!
    Merci!
     
    Nathalie 

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