10 QUESTIONS ESSENTIELS À GAND-PAPA VIGNEAULT (les 5 premières)
Jeudi 4 décembre 2008 Actualité Magazine
Mot clé: Mon pays, Québec, Natashquan, chansons, auteur, compositeur, interprète québécois
QUESTIONS ESSENTIELS À GAND-PAPA VIGNEAULT
Poète, musicien, conteur
Gilles le géant transmet par sa parole les valeurs qui ont guidé sa vie,
1 Comment compareriez-vous les jeunes aujourd’hui à ceux de votre génération ? À 20 ans j’étais un petit gars qui ne savait pas grand-chose, Alors que de nos jours les jeunes sont extrêmement bien informés. Ils ont beaucoup plus de connaissances, ils ont voyagé. Mais ils affrontent un monde différent, rempli de gadgets et de bonnes choses, d’an-
goisse aussi. Quant à moi la machine vieillit, mais tout le reste est jeune. C’est une attitude. je dis souvent que tant qu’on a des projets on reste jeune. Et la jeunesse de l’intérieur est plus durable que celle de l’extérieur.
2 Les jeunes ont parfois que tout est tellement différent, aujourd’hui, que le passé ne peut pas les aider … Une chose n’a pas changé, c’est la nature humaine. L’avarice et la cupidité sont les mêmes. Et ça prend toujours neuf mois pour faire un bébé. Il y a bien des choses qu’on ne pourra pas accélérer.
3 Quel regard portez-vous justement, sur notre univers de communications constanstantes et instantanées?
On y a gagné, mais on perdu ailleurs. Je vous regarde avec votre enregistreuse: Vous confiez votre mémoire à cette machine. Vous perdez ainsi un petit automatisme de mémoire. Mais même moi je me sers de ces machines, bien sûr.
Internet est un outil extraordinaire. Si on arrive un jour à une conscience planétaire, ce sera beaucoup grâce à lui. Mais il a aussi ses inconvénients: malgré toute la communication qu’il apporte, il crée énormément de solitude.
Ça ne veut pas dire que les enfants l’ont facile. Au contraire, même, parce qu’on n’exige pas d’eux qu’ils apprennent à lire, à parler et à écrire correctement. La langue, c’est l’ADN de la culture. Même si la qualité du français a progressé au Québec depuis 20 ans, il reste beaucoup de place à l’amélioration. C’est une question d’exigences. De l’État envers les jeunes, mais aussi de chacun envers soi-même.
4 Votre premier métier a été celui d’enseignant. Que pensezvous de l’éducation que reçoivent vos petits-enfants? Je trouve que le jeu a pris trop de place dans nos écoles. Étudier, c’est de l’ouvrage, pas de la récréation.
5 Quelles valeurs souhaitez-vous transmettre? Le respect de soi-même et des autres, dans leur langue, leurs coutumes, leur religion, leur couleur de peau et leur sexe. Il y a beaucoup d’hommes comme moi qui ont trouvé, bien avant le féminisme, que la femme était régale de l’homme. Cela dit, il faut être capable de respecter ses propres valeurs avant de pouvoir respecter celles des autres.
Les grands-parents peuvent transmettre leurs valeurs. S’ils arrivent à rester en communication avec leurs petits-enfants, ils ont même souvent plus de possibilités de le faire que les parents, qui sont occupés à leur poursuite du quotidien.
La filiation, c’est une valeur très importante. Connaître ses racines. Les enfants y sont plus intéressés que les parents ne le pensent. Ils sont très curieux des vieillards; ils voient en eux un trésor, un vieux coffre qu’ils veulent ouvrir.
(réf: Entrevue avec Nicolas Langelier au Châtelaine de décembre)
publié dans Actualité, Magazine | aucun commentaire

.jpg)