
Françoise veut s’appeler Hania, Richard veut redevenir Yussef
* "Je m’appelle Françoise mais ce n’est pas moi, je ne me reconnais pas!" Cette jeune femme d’origine algérienne aurait pu croiser Richard dans les couloirs du tribunal de Paris. Elle a 30 ans, il en a 64, et ils rêvent tous deux de changer de prénom.
Elle voudrait s’appeler Hania, il veut retrouver son ancien patronyme, Yussef. Ils refusent de croire qu’un prénom c’est pour la vie. Ils ne supportent plus leur état civil donc ils ne se supportent plus. Un caprice de star? Une demande superficielle?
Pour Xavier de la Chaise, avocat au barreau de Paris, habitué des procédures de changement de prénom, "c’est une démarche douloureuse, ce n’est pas anodin. Cela implique beaucoup de souffrances, des difficultés d’intégration, d’acceptation de soi-même". Les juges ne sont pas toujours aussi psychologues.
Françoise dit: "Les gens ont une image toute faite des ‘Françoise’. Je ne corresponds pas à cette catégorie, cela me met mal à l’aise. Mon physique n’a rien à voir avec le prénom que je porte. La justice a pourtant refusé sa demande."
Richard dit: "C’est un moyen de se fondre dans un moule que je refuse désormais. J’ai passé toute ma vie avec un ‘faux’ prénom. Je veux retrouver mon identité désormais."
La justice n’est pas une girouette
La justice dit: "Tout ce qui touche au changement d’état civil, c’est un choix important. C’est pour cela que nous demandons aux personnes d’avoir un avocat. Cela évite caprices et décisions fantasques. Nous ne sommes pas une simple chambre d’enregistrement."
Françoise a décidé de faire appel. Richard attend toujours l’issue de sa procédure entamée depuis plus d’un an.
Leurs demandes interrogent le modèle français. Comment s’intégrer tout en assumant son identité?
Source de ce texte: La suite complète sur Rue 89
Source des images: Le paradis des prénoms animés
Lien utile: Tribual de Paris Mise à jour hebdoweb 16:19
