La Suède veut exporter sa dépendance au boulette de "snus"

Un monde sans fumée Tabac à sucer
La Suède veut exporter sa dépendance au boulette de "snus"

Des sachets de tabac à sucer, le "snus"

Actualité International

STOCKHOLM — La Suède met les bouchées doubles pour faire lever l’interdiction européenne de son "snus", un tabac à sucer très populaire dans le pays et considéré par les cigarettiers comme un nouveau filon au moment où la fumée est peu à peu bannie des lieux publics à travers le monde.

Près d’un million de Suédois, en grande majorité des hommes, placent au moins une fois par jour sous leur lèvre supérieure une boulette ou un sachet de ce tabac humide qui infuse dans la bouche un goût amer et salé et transmet rapidement la nicotine dans le sang.

Tandis que les ventes de cigarettes en Suède ont été divisées par deux depuis trente ans, les ventes de snus sont en hausse constante, passant d’environ 2.500 tonnes dans les années 70 à quelque 7.500 tonnes, soit près de 800 doses par habitant, l’an passé.

Les producteurs de cigarettes, qui misent sur l’aspect "sans fumée" pour contrer leur baisse de ventes dans les pays riches, s’intéressent au snus.

Le géant Philip Morris International a créé en février une coentreprise avec le leader suédois Swedish Match, tandis que British American Tobacco (BAT) s’est lancé dans le snus en achetant le suédois Fiedler & Lundgren l’an dernier.

Des lancements à petite échelle ont eu lieu aux Etats-Unis, en Afrique du Sud ou encore au Canada pour tenter d’étendre le marché du produit, cantonné à la Suède et à la Norvège voisine, avec l’Europe en ligne de mire. "Nous voulons étendre notre activité et nous pensons que cela va bien avec les nouvelles interdictions de fumer", avance Patrik Hildingsson, le responsable des affaires publiques de Swedish Match. La législation européenne sur le tabac "va très probablement être révisée courant 2010, la fenêtre de tir pourrait être à ce moment là", souligne-t-il.

Fin juillet, la filiale française de BAT a écrit au président français Nicolas Sarkozy pour lui demander de favoriser la légalisation du snus en Europe. Suite du texte AFP

Conséquence sur la santé

Comme le snus n’est pas prévu pour être inhalé, il n’affecte pas les poumons comme les cigarettes le font, mais il contient tout de même plus de nicotine que les cigarettes.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) reconnaît que les Suédois ont le taux le plus bas de cancer du poumon en Europe, en partie dû au faible taux de tabagisme, mais elle ne donne pas d’argument en faveur de la substitution de la cigarette par le snus, surtout à cause des effets du snus qui ne sont pas encore connus. Il ne semble pas y avoir d’augmentation du risque de cancers oraux ou pulmonaires même s’il existe un doublement du nombre de cancers du pancréas.

Selon le professeur Robert Molimard, si les fumeurs passaient au snus, leur mortalité baisserait d’au moins 90 %. L’Union européenne a interdit la vente de snus en 1992, après une étude de l’OMS de 1985 qui a établi que l’utilisation orale de ce type de tabac en Amérique du Nord et en Europe de l’Ouest était cancérigène pour l’homme.

Le risque de majoration des maladies cardio-vasculaires n’est pas clair alors qu’il est nettement établi pour le tabagisme traditionnel.

Seules la Suède et la Norvège (membre de l’AELE) sont exemptes de l’interdiction de l’Union Européenne. Un mouvement populaire pendant la campagne électorale du référendum pour l’adhésion de la Suède à l’UE a permis d’inclure une clause d’exception d’interdiction dans le traité d’adhésion selon Wikipédia
 

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