Première entrevue d'Angela Merkel à Berlin pour la télévision française

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Politique – interview Angela Merkel

Ce qu'ils ont en commun Merkel et Sarkosy c'est …

Elle a participé à Deauville à un sommet France-Allemagne-Russie, notamment sur les questions de sécurité. Angela Merkel a accordé le18 octobre sa première interview à une télévision française à Berlin.

Le modèle Allemand, les accusations d'égoisme, les relations avec Nicolas Sarkozy. Elle s'explique sur tous ces sujets. D'abord, retour sur ces relations Franco-Allemandes parfois mouvementées ces derniers temps.

En public, c'est une relation faite d'embrassades et de gestes chaleureux. Des divergences, il y en a eu. L'Europe et la crise grecque, l'économie, rigueur, relance. Ces mots ont souvent divisé. Mais entre les deux pays, l'amitié s'affiche en permanence.

Angela merkel, une femme à la tête d'un pays qui accélère. Une croissance en hausse, des déficits en baisse. L'allemagne, locomotive économique, reste dans les critères de maastricht et brandit un chômage à seulement 7,2 %. La crise est donc derrière, mais la politique doit changer. C'est ce que pensent une majorité d'Allemands.

Les gens savaient qu'il fallait éventuellement se serrer la ceinture en attendant des temps meilleurs. Aujourd'hui, les temps meilleurs sont là et la population, évidemment, attend aujourd'hui des retombées sur le plan tout à fait quotidien affirme Claire demesmay, politicologue, de l'institut dgap à Berlin: .

Augmenter les salaires, elle ne le souhaite pas. Conséquence, Angela Merkel dégringole dans les sondages et c'est l'un des paradoxes. L'allemagne se porte bien, mais la chancelière se trouve fragilisée à quelques mois d'élections régionales importantes.

Entrevue sur France 2 à Berlin

Depuis quelques mois, l'Allemagne est omniprésente dans le débat en France, que ce soit lorsqu'on parle des déficits, lorsqu'on parle de la réforme fiscale, des retraites. L'allemagne est souvent citée en exemple. Est-ce que l'Allemagne peut ou doit être un modèle pour la France?

Je crois que tout pays doit d'abord bien faire son travail. Donc, c'est ce que nous avons essayé de faire en Allemagne. C'est ce que nous sommes en train de faire. Parfois, on se heurte à des résistances, à des difficultés, mais les conditions ne sont pas les mêmes dans les différents pays. Donc, on ne peut pas dire que l'Allemagne est un modèle pour la france ni l'inverse.

Vous parler des retraites. Il y a en ce moment en France un bras de fer sur les retraites. La réforme du gouvernement, des manifestants et des grèves de l'autre côté. Qui a raison? Les manifestants ou le gouvernement?

Je crois que la population en Allemagne comme en France ne pourra pas éviter de regarder la vérité en face. Et la vérité, c'est que les gens vivent plus vieux, et si l'on veut garantir une retraite raisonnable et descente, il faut évidemment prendre en compte le fait que l'on vive plus vieux et qu'il faut travailler plus longtemps. La réforme doit se faire progressivement. En allemagne, nous l'avons introduite de façon progressive, comme vous le faites en France.

Je disais que l'Allemagne était citée en exemple. En même temps, il y eut des critiques sur l'égoisme du modèle Allemand parce qu'il est basé sur les exportations, donc sur les importations de ses partenaires européens. Que répondez-vous avec cette critique d'égoisme?

Je ne crois pas que nous soyons égoistes. Nous sommes un pays qui a une économie très solide et on nous reproche souvent de ne pas payer des salaires assez élevés. Mais ce n'est pas vrai. Si nous regardons le niveau des exportations et des salaires, ils sont tout à fait comparables à ceux pratiqués dans d'autres pays. L'allemagne souhaite une concurrence loyale, et si d'autres pays deviennent plus forts dans certains secteurs, il faudra faire avec cette concurrence.

On a beaucoup dit, la presse Allemande a beaucoup dit que vous étiez parfois surprise ou déroutée par le style de Nicolas Sarkozy. Est-ce que c'est la vérité?

Non, ça n'est pas vrai, parce que nous connaissons très bien. Chacun a son propre caractère et ses qualités.

Vous êtes très différents.

Oui et non. Nos tempéraments ne sont pas les mêmes. Mais dans notre volonté de trouver des solutions, nous sommes tout à fait pareils. Quel que soit le problème européen, parfois après des discussions difficiles, nous avons toujours trouvé une bonne solution pour l'europe. Et ce que j'apprécie chez Nicolas Sarkozy, c'est que nous ne tournons pas autour du pot. Nous ne cachons pas les problèmes. Nous les mettons sur la table, et ça a toujours été une bonne chose pour l'europe.

Récemment, sur l'affaire des roms, il vous a prêté une déclaration que vous avez ensuite démentie. Est-ce que cela vous a agacée?

Nous en avons parlé lors de notre rencontre à New York, et désormais, nous regardons vers l'avenir.

Depuis quelques mois, l'Allemagne est agitée par un débat, et c'est une première, sur l'immigration et l'islam. Vous avez dit hier que le modèle multiculturel Allemand avait échoué et qu'il fallait demander plus aux immigrés. Est-ce que, selon vous, l'identité Allemande est aujourd'hui menacée par l'immigration ou l'islam?

Non, il n'y a pas de menace. Rien n'est menacé. Il faut peut- être expliquer ce qu'est le multiculturel en Allemagne. C'est un modèle dans lequel les immigrants et ceux qui sont là depuis toujours vivent côte à côte. Pour moi, l'intégration, c'est autre chose que de vivre l'un à côté de l'autre. L'intégration, ça signifie qu'il faut respecter les lois du pays, qu'il faut connaître la langue du pays afin que l'éducation puisse être améliorée, et je crois que nous sommes sur la bonne voie.

Une dernière question un peu plus personnelle peut-être sur l'exercice du pouvoir. Il y a quelques jours, la ministre de l'économie française, Christine Lagarde, a dit que les femmes exerçaient le pouvoir avec beaucoup moins de libido et de testostérone que les hommes. Est-ce que vous pensez, vous aussi, qu'il y a une manière féminine d'exercer le pouvoir?

Bien sûr qu'il y a des différences entre les femmes et les hommes. Mais peut-on dire que les femmes ont un style politique complètement à part? Je ne crois pas. De Margaret Thatcher à Hillary Clinton en passant par Christine Lagarde ou moi, nous sommes très différentes les unes des autres, comme le sont Barack Obama, Nicolas Sarkozy ou David Cameron. Je ne veux pas me laisser coller une étiquette. Traduction en anglais de cette page

Source: France2

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